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 On ne s'y fait jamais. [Libre]

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MessageSujet: On ne s'y fait jamais. [Libre]   Mer 21 Nov - 20:53

Parfois, on pense que la routine est incassable. Et finalement, on réalise que plus rien n'est comme avant, pour le meilleur et pour le pire. Je venais de me marier à Crossway.


Alors j'étais arrivé là, deux années auparavant. D'après l'infirmière rousse aux traits strictes et à l'apparence liftés tant ils étaient étirés, nous étions arrivés là, mais personne ne savait bien pourquoi. Et on savait encore moins comment en repartir, visiblement. Paraissait-il que les raisons pouvaient être diverses et variées. Je me questionnais alors sur celles qui pouvaient m'avoir amené ici tandis que je marchais dans les rues froides de la ville.

Mon dernier souvenir était avec ce mec, Janael. Nous avions pris quelque chose, je n'avais même pas demandé quel type, mais de toute évidence de la drogue dure. Alors il existait quatre possibilités à mon arrivée dans ce monde des plus étranges.

Premièrement, je pouvais être ici par une punition d'un Être supérieur à la puissance divine qui me châtiait d'avoir repris ce poison que j'avais pourtant cessé de prendre. Autant dire que je croyais moyennement à ceci. Je pouffais doucement de rire dans la rue : jamais je ne croirais à des choses pareilles. Quoique, j'étais bien arrivé dans une sorte de dimension à part, finalement c'était peut-être crédible.
Deuxièmement, je pourrais avoir atterri parce que j'étais mort suite à mon injection. Peut-être. Mais comment savoir une chose pareille ? Etait-ce bien utile de se causer du tracas pour une chose que je ne saurais jamais ?
Troisièmement, je peux être ici pour une raison totalement indépendante de cette nuit-là. Une raison qui pourrait aussi bien venir de mon monde que de celui-ci. C'(était peu probable au niveau du timing, mais pourquoi pas.
Enfin quatrièmement, il n'y avait peut-être aucune raison.

C'était assez rageant à imaginer, mais plutôt plausible, n'est-ce pas ? J'estimais déjà qu'il n'y avait pas de raison à notre naissance, alors pourquoi en aurait-il une à mon arrivée ici ? Tout n'est peut-être que hasard, que pure chance. Je continuai donc à marcher dans les rues, observant les personnes qui m'entouraient en cachant mon nez derrière mon écharpe. Cet endroit était vraiment frais.

Tout le monde semblait s'être habitué à sa vie ici, comme s'ils avaient simplement déménagé. Mais c'était un aspect très superficiel : au fond des yeux des habitants, on pouvait constater du désarroi, je crois. Depuis combien de temps étaient-ils ici ? Après tout, même après deux années, je me demandais encore pourquoi et comment. Surtout comment, je suppose. Nous habitants étions tous un peu sur les nerfs. L'incompréhension est toujours un souci majeur, même si je parvenais à y palier avec une efficacité certaine. Je ne m'impliquais tout simplement pas dans les choses sans réponse.

Et c'est en étant dans ses pensées qu'on fait des erreurs. Machinalement, je me payai une gaufre bien chaude avec une bonne dose de chocolat fondu. Parfois, les choses les plus simples sont les plus revigorantes. Mais quand on ne regarde pas où on marche, il arrive que l'on rentre dans quelqu'un fasse à nous, et que cette même gaufre tombe sur ses pieds, du côté le plus gênant, bien entendu. Et c'était arrivé.

Je relevai la tête, confus, et un peu embêté pour la personne face à moi. Enfin, ça n'allait pas la tuer un peu de chocolat sur les chaussures.


- Euh... je suis désolé ! Enfin ce n'est pas dramatique non plus, mais bon, il paraît que le commun des mortels n'aime pas qu'on lui renverse quelque chose sur les pieds.
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MessageSujet: Re: On ne s'y fait jamais. [Libre]   Jeu 22 Nov - 18:35

Je m'étais enfuie. Ce monstre m'avait littéralement effrayée. Tant pis pour les deux personnes qui risquaient de mourir la tête encastrée dans le mur, je tenais plus à ma vie qu'à celle de deux inconnus plus qu'étranges. En vagabondant dans les couloirs, j'avais finalement réussi à sortir. Cependant, je rentrais aussitôt. Le froid qui régnait dehors me donnait la chair de poule. Je partis donc à la recherche d'un manteau, recherche qui ne fut pas longue. Il y avait un grand porte-manteau dans l'entrée et je ne me gênais pas pour prendre l'un des manteaux féminins qui s'y trouvait. Il était assez court, en cuir et beige. Bon, espérons que ça fera l'affaire hein ! Je repartais donc dehors sans but précis. Où passerais-je le reste de ma journée, et surtout ma nuit ? Et où trouverais-je de la nourriture ? Ce n'est pas comme si j'avais de l'argent sur moi .. Enfin je ne crois pas. Je fouillais les poches du cuir et trouvais simplement quelques petites pièces, sans doute sans grande valeur vu leur taille. Bon, je me débrouillerais le moment venu, hein ?

Je commençais à parcourir les rues de la ville, tantôt étroites et vides, tantôt larges et bondées. Je passais devant un marchand de gaufres, fermant les yeux et profitant de l'odeur alléchante. Mais bon, douée comme je suis, je continuais à marcher malgré tout, ce qui n'est pas forcément trèèès pratique pour voir arriver les gens. Ça l'est encore moins pour voir arriver une gaufre sur ses chaussures.

- Euh... je suis désolé ! Enfin ce n'est pas dramatique non plus, mais bon, il paraît que le commun des mortels n'aime pas qu'on lui renverse quelque chose sur les pieds.

C'était un jeune homme aux sombres cheveux, le visage enfoui dans son écharpe.

- Euh non, ne vous inquiétez pas ... Ce n'est pas si grave, ça devrait partir.

Je m'arrêtais net. Je venais de parler pour la première fois depuis mon arrivée ici, depuis mon réveil. Je mourrais d'envie de demander à ce jeune homme où nous étions, pourquoi étais-je là, ainsi que tant d'autres questions. Je le regardais d'un air idiot, me retenant de lui poser toutes ces questions qui se bousculaient dans ma tête. D'ailleurs, j'étais tellement concentrée sur ces fameuses questions que je n'avais pas remarqué que j'avais agrippé le jeune homme aux bras, comme si j'allais le secouer comme une folle. De toute façon, il me prenait sans doute pour une folle, non ? Je le lâchais.

- Euuuuh désolée ... Je ne voulais pas vous attraper de la sorte ! ..
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MessageSujet: Re: On ne s'y fait jamais. [Libre]   Sam 1 Déc - 11:01

J'étais du genre à m'attirer des ennuis. Enfin, pas que les ennuis soient une chose qui me pose réelleemnt problème. Un ennuie non problématique : ceci vous semble être un oxymore ? Pour moi non : on fait d'un évènement un problème que si on y prête attention. Et moi, je ne prêtais pas attention aux choses négatives, tout du moins dans la limite du possible. J'en avais déduis que c'était la seule manière d'être heureux dans la vie ; est-ce que cela fonctionnait ? Seul l'avenir me le dirait.

Cependant, les ennuis n'étaient pas la seule chose à laquelle je ne faisais pas attention, voyez-vous. Alors voilà, j'avais renversé ma gaufre pleine de chocolat sur les pieds de quelqu'un. J'avais fermé les yeux : défense des plus efficaces contre le coup de poing que je m'apprêtais à me prendre. Vous noterez mon sens de la survie tout à fait hors-norme, je l'espère. Cependant, le coup ne vint pas, et pour cause : c'était une fille de petite taille qui se trouvait devant moi. Blonde avec un manteau beige que je connaissais bien. Ce manteau, j'avais vu de nombreuses jeunes filles le porter : il venait de la chambre blanche. Là où chaque personne arrive à Crossway. Là où chaque personne voit sa vie totalement bousculée. Celles qui le portaient étaient de toutes nouvelles arrivantes qui avaient dû faire les frais du sourire charmant de Miranda, sans ironie aucune, bien entendu.

- Euh non, ne vous inquiétez pas ... Ce n'est pas si grave, ça devrait partir.

Elle n'avait pas l'air agressive en tout cas, mais bien plus perdue qu'autre chose. Je la regardais avec attendrissement : même la position de ses oreilles de chat témoignaient de son inquiétude. Elle était petite et mignonne, un peu comme un chaton qu'on trouve dans une boîte en carton. Sauf que là, c'était une jeune hybride dans un manteau beige usé.

Elle avait l'air totalement déboussolée : ses grands yeux étaient tournés vers moi, plein de désarroi. Alala... Décidément il allait falloir apprendre à Miranda comment devenir un peu plus courtoise et rassurante. Enfin, elle allait encore répondre qu'elle n'était pas payée pour ça, ce qui était tout à fait vrai.

Soudain je sentis une pression sur mon bras : la petite Neko venait de s'y agripper. Elle avait plus de force qu'elle n'y laissait paraître sous ses airs de chaton angélique. Je commençais à me demander si elle comptait me secouer dans tous les sens : finalement, peut-être était-elle rancunière pour ma gaufre qui trônait encore sur sa chaussure. Visiblement gênée, elle prit cependant la parole après m'avoir lâché le bras.

- Euuuuh désolée ... Je ne voulais pas vous attraper de la sorte ! ..

Je souris, attendri. Cela me rappelait mon arrivée ici : mon éternelle nonchalance avait été mise à rude épreuve. Chacun des nouveaux arrivants se retrouvait jeté dans un monde dont il ne connaissait rien, alors forcément, on réagissait de manière abrupte. Je posai ma main sur sa tête et lui ébouriffai les cheveux en redressant ses oreilles.

- Toi tu viens d'arriver, n'est-ce pas ? Ne t'en fais pas, on finit par s'habituer à la vie ici. Tu peux m'agripper le bras si tu veux, tant que tu ne l'arraches pas pour le revendre.

Je me dis aussitôt que faire une blague idiote et sans aucun sens risquait de la perturber plus que de la détendre. Bah, trop tard de toute façon. J'enfonçai ma main dans la poche de mon long manteau noir pour la réchauffer un peu. Après quoi, je cherchai quelques pièces au fond de ma poche : il allait falloir que je travaille de nouveau bientôt, je savais que je manquais d'argent. La vie n'était pas si simple ici : mes parents n'étaient plus là pour me faire vivre.
Après avoir trouvé l'objet de ma quête, je sortis ma trouvaille.

- Tu veux une gaufre pour te réchauffer ? Je sais combien l'arrivée ici peut être difficile, mais ne t'en fais pas, on s'y habitue vite.

Je lui fis un sourire qui se voulait rassurant, le visage dépassant légèrement de mon écharpe. Je lui avais peut-être mentis : s'habituait-on un jour à cet endroit ? Je n'en étais pas moi-même convaincu.
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MessageSujet: Re: On ne s'y fait jamais. [Libre]   Sam 1 Déc - 13:44

Je regardais l'homme, guettant sa réaction. Il n'avait toujours pas prononcé un mot que je lui avais agrippé le bras. J'avais beau l'avoir lâché et m'être excusée, il ne parlait toujours pas. Et s'il était énervé ? Il va me frapper ? Ah bah non, le voilà qui tripatouille mes oreilles et qu'il me fais des nœuds dans les cheveux. Pour une fois que je n'en avais pas.. Je commence à faire une moue dubitative, ne comprenant pas ce jeune homme.

- Toi tu viens d'arriver, n'est-ce pas ? Ne t'en fais pas, on finit par s'habituer à la vie ici. Tu peux m'agripper le bras si tu veux, tant que tu ne l'arraches pas pour le revendre.

Ah non, il n'a pas l'air si énervé que ça en fait.. Je réfléchis, tente de scruter l'expression de son visage, mais entre ses cheveux et son écharpe, on ne voit pas grand chose. A ses paroles, je peux supposer qu'il n'est pas nouveau, ou plutôt qu'il l'a été il y a quelques temps mais qu'il s'est depuis habitué à cet environnement pour le moins étrange. Combien de personnes avaient été transportées ici, franchement ? Durant les quelques minutes où je me torturais l'esprit à la recherche de réponses à ma question, la personne en face de moi semblait chercher quelque chose dans sa poche. Il en sorti enfin quelque chose. De l'argent ?

- Tu veux une gaufre pour te réchauffer ? Je sais combien l'arrivée ici peut être difficile, mais ne t'en fais pas, on s'y habitue vite.

On voyait légèrement ses joues et le coin de ses lèvres se lever. Il souriait donc. Boh, pourquoi pas.. Ça ne me ferait pas de mal, d'autant plus que mon ventre ne tarda pas à répondre à ma place avec un gargouillement digne de quelqu'un qui n'avait pas mangé depuis bien longtemps. Gênée, je mettais une main sur mon ventre.

- Hum .. Pourquoi pas..

Regardant mes pieds, je voyais que la gaufre s'y trouvais toujours. M'y prenant avec précaution pour éviter de me tâcher encore plus, je la jetais dans une poubelle un peu plus loin puis me hâtait de fouiller les poches du blouson à la recherche d'un mouchoir pour essuyer mes chaussures. En vain, il n'y en avait pas. Je rejoignais l'homme, n'osant pas trop lui adresser la parole puis désignait un marchand de gaufre du bout du doigt.

- Ici .. ?
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MessageSujet: Re: On ne s'y fait jamais. [Libre]   Sam 8 Déc - 9:05

J'emmêlai affectueusement ses cheveux, un peu comme quand on caresse la tête d'un petit chat pour le rassurer. C'était une réaction plutôt normale face à une personne ayant justement des oreilles félines, non ? Bon, peut-être pas. J'étais tellement insouciant que je pouvais parfois en paraître impoli. Elle me lança un regard un peu dubitatif et interrogateur. Elle avait l'air de se poser pas mal de questions, mais pas de m'en vouloir particulièrement pour mon attitude ô combien effrontée. Elle scrutait mon visage au passage, mais visiblement elle était insatisfaite. Quoi, j'étais si laid que ça ? Ah non, on ne devait pas voir grand chose puisque j'étais emmitouflé dans mes vêtements pour me protéger du froid.

Alors que je lui proposais une gaufre généreusement, elle ne me répondit pas de suite. Cependant, son ventre semblait avoir l'ouïe très fine : le grognement affirmatif ne se fit pas attendre plus longtemps. Je me mis à rire doucement. Décidément, elle devait être complètement perdue. On devrait penser à mettre un schéma explicatif dans la chambre blanche pour les nouveaux arrivants.

- Hum .. Pourquoi pas..

- En tout cas ton ventre a l'air enjoué à cette idée.

Pour essayer de la mettre un peu plus à l'aise, et à contre-coeur en raison de la brise glaciale environnante, j'abaissai mon écharpe. Elle semblait perturbée à l'idée de ne pas voir son interlocuteur, et c'était tout à fait compréhensible. Au même moment, elle se pencha en avant pour retirer enfin cette gaufre délicieuse que j'avais fait tomber sur ses chaussures. Il y trônait désormais une merveilleuse tâche marron huileuse de chocolat fondu.

- Euh... si tu veux je pourrais essayer de les laver. Cette tâche donne un certain style mais bon, pas sûr que ça te plaise !

Elle partit jeter l'arme du crime dans une poubelle tout près de nous et revint ensuite vers moi, regardant autour d'elle. Elle semblait encore gênée de m'avoir agrippé le bras tout à l'heure, pourtant j'avais trouvé ça amusant. En réalité j'aimais bien aider les nouveaux arrivants, car j'aurais aimé être aidé quand je m'étais retrouvé ici, complètement déboussolé et sans personne d'autre que Miranda pour me hurler dessus. Enfin, elle n'avait pas si mauvais fond. Je soupirai à cette idée en fronçant les sourcils. Que de mauvais souvenirs.

- Ici..?

- Hein ?

Je redressai la tête en regardant la jeune fille. Je m'étais perdu dans mes pensées, j'en avais oublié le but de notre quête. Elle me montrait du doigt un marchand de gaufre. Pas étonnant qu'elle ait choisi celui-ci : son stand était orné de petites lumières bleues et jaunes, donnant une vie certaine à la place de la ville. C'était le plus attirant visuellement parlant, mais aussi celui dont le fumet qui s'échappait doucement des plaques de cuissons était le plus alléchant. Et pour cause : c'était le meilleur marchand de gaufres de la ville. Un amateur de nourriture tel que moi ne pouvait qu'approuver ses compétences hors normes.
Cependant, c'était également le plus cher. Et oui, une bonne gaufre, ça se mérite. Je me grattais un peu les cheveux, ne sachant pas trop quoi faire. Je soupirai doucement en inspectant l'argent qui se trouvait au creux de ma main : j'aurais peut-être assez. Et puis, c'était tout de même mieux de faire plaisir à la jeune fille.

- Ca marche, on va à celui-ci si tu veux euh... jeune inconnue ? Comment tu t'appelles ?

Pour tenter de rétablir l'équilibre de notre relation, je saisis la manche de son manteau et l'entrainai avec moi vers le marchand. Je regardai sa carte en soupirant de soulagement : j'avais assez.

- Alors, je vais vous prendre une gaufre liégeoise au chocolat fondu avec supplément sucre glace et chantilly. Et toi tu veux quoi ? Fis-je en me tournant vers la petite homoscoli.

Le marchand écarquilla un peu les yeux au vu de la commande assez peu diététique. Je n'y pouvais rien si j'adorais la nourriture, non ?
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MessageSujet: Re: On ne s'y fait jamais. [Libre]   Dim 9 Déc - 11:54

- Euh... si tu veux je pourrais essayer de les laver. Cette tâche donne un certain style mais bon, pas sûr que ça te plaise !

Il avait l'air gentil, oui. Mais bon, ce n'était pas la peine qu'il lave mes chaussures non plus, je les frotterais un peu, ça partira sûrement. Je faisais un petit mouvement de tête pour refuser l'offre. Après avoir pointé du doigt le marchand de gaufre et posé une question, j'attendais sa réponse. Il s'était sans doute perdu dans ses pensées ou autre, mais en tout cas ce qui était sûr c'est qu'il regardait dans le vague, fronçant des sourcils.

- Hein ?

Levant la tête, il regarda l'endroit que je pointais du doigt. Je l'observais, il avait baissé son écharpe. Pourtant il faisait si froid.. Me demandant s'il était fou ou s'il voulait simplement faire un geste pour que je me sente moins mal à l'aise, j'observais joyeusement les petites lumières qui scintillaient autour du marchand de gaufre. On aurait dit une décoration de noël, peut-être que nous nous en approchions ? En y pensant, je ne savais même pas quel jour nous étions. Je me retournais de nouveau vers le jeune homme. Inspectant les pièces dans sa main, il soupirait légèrement. J'espérais que je ne le dérangeais pas, mais d'un autre côté il me devait bien ça, hm ? Bon, je ne devrais pas trop abuser non plus ..

- Ca marche, on va à celui-ci si tu veux euh... jeune inconnue ? Comment tu t'appelles ?
- Yüe. Je m'appelle Yüe. Et vous ?

Il me prit par la manche et m'entraîna vers le marchand. Un peu surprise, je ne savais pas trop comment réagir et le suivait. Finalement, ça avait l'air d'être quelque chose d'habituel chez les gens de s'attraper par la manche.

- Alors, je vais vous prendre une gaufre liégeoise au chocolat fondu avec supplément sucre glace et chantilly. Et toi tu veux quoi ?

Devant la complexité de sa demande, je restais perplexe, étudiant la carte des choix avec minutie.

- Une gaufre bien chaude avec beaucoup de chocolat, s'il vous plaît.

Je relevais le nez de la carte et observait le marchand, qui celui-ci regardait étrangement la personne qui m'accompagnait. Peut-être était-il lui aussi choqué de la complexité de la demande ? Je me demandais s'il allait réussir à se souvenir de tous les détails. Espérons le, car il avait beau l'air de faire d'excellentes gaufres, il avait aussi un air un peu niais avec une mémoire aussi courte qu'un poisson rouge. Au bout de quelques secondes, le marchand acquiesça, toujours un air un peu choqué sur le visage. Je me retournais, profitant du paysage glacé de la ville tandis que le jeune homme réglait les gaufres. Baissant un peu la tête, je scrutais le visage des gens. Ils étaient tous si différents... Soudain, je sentis quelque chose de froid sur mon nez. Louchant sur le flocon de neige qui s'y était posé, je le retirais délicatement à l'aide de mes doigts engourdis par le froid. J'aurais voulu me lover dans un bon fauteuil au coin d'une cheminée... Soupirant légèrement, je me retournais enfin vers le marchand, profitant de la chaleur et des bonnes odeurs que ses marchandises dégageaient. Il nous tendit enfin nos gaufres. Attrapant la mienne, les yeux presque au bord des larmes, je mordais dedans avec tout le bonheur du monde de remplir mon pauvre estomac. Les crocs encore plantés dans la gaufre, j'ouvrais les yeux et remarquais que le jeune homme me regardait en riant. J'ai fait quelque chose de bizarre ? J'avalais ma bouchée, m'essuyant le coin de la bouche.

- Mh.. Merci.
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MessageSujet: Re: On ne s'y fait jamais. [Libre]   Lun 7 Jan - 17:33

- Ca marche, on va à celui-ci si tu veux euh... jeune inconnue ? Comment tu t'appelles ?
- Yüe. Je m'appelle Yüe. Et vous ?

Je la regardai un peu étrangement et me mis à rire. J'avais vraiment l'impression d'avoir à faire à un petit chaton perdu. De là me vouvoyer, avais-je l'air si vieux que ça ? Je me baissai un peu vers elle et lui jetai un regard faussement méchant. J'avais envie de la taquiner un peu ; c'était certainement assez égoïste puisqu'elle devait se sentir perdue ici. Mais en même temps, même si elle semblait jeune et déboussolée, elle n'était pas faîte d'un sucre fragile. Elle pouvait bien supporter mes blagues idiotes un instant.
Après l'avoir examinée d'un mauvais oeil, je lui fis un sourire.

- Tu me donnes quel âge pour me vouvoyer ? Je ne dirais pas mon nom si ta réponse ne me convient pas !

Je l'emmenai malgré tout devant le marchand de gaufres. Après avoir passé ma commande, Yuë prit la parole de sa petite voix qui parvenait à peine aux oreilles du marchand.

- Une gaufre bien chaude avec beaucoup de chocolat, s'il vous plaît.

Pendant notre temps d'attente, Yuë se mit à regarder le monde qui l'entourait. Je jetais moi-même un oeil aux passants : je ne m'y étais toujours pas fait. Ils étaient tous très différents du monde auquel j'appartenais. Chez moi, il n'y avait que des être humains. Aucun n'avait d'oreilles de chats ou de bois de cerfs, aucun ne mesurait 60 cm ou 2m50. Tout était "normal", mais quelque part, j'étais anormal aux yeux de certains. Nos gaufres en main, je réglai le marchand et commençai à mordre dans mon délicat met fumant, savourant la première bouchée. J'avais déjà du chocolat autour des lèvres que j'eus rapidement lécher pour ne pas en perdre une goutte. Ou une miette : parlait-on de gouttes ou de miettes de chocolat fondu ? Qu'en savais-je.

Elle mordit dans sa gaufre avec la même frénésie qui m'avait envahi en mordant la mienne. Elles étaient fabuleuses, et ça se lisait sur le visage des clients. Au moins, on lui faisait une bonne publicité. Toujours son air timide sur le visage, je ne pouvais m'empêcher de penser que certaines de ses expressions témoignaient du fait qu'elle ne l'était pas toujours à ce point. Elle avait l'air d'être quelqu'un qui savait s'affirmer quand il le fallait.

- Mh.. Merci.
- Pas de quoi ! Alors, parle-moi un peu de l'endroit dont tu viens : comment c'était ?

Je continuai à manger ma gaufre quand un loup-garou passa devant nous. Décidément, je ne savais pas si cet endroit pouvait être qualifié de rassurant. Les loup-garous m'avaient toujours flanqué la frousse, si bien que mes doigts se contractaient sur ma serviette en papier. S'il m'approchait, je courais. Comme pour justifier mon comportement, je dis à Yuë :

- J'ai encore un peu de mal avec certaines espèces...!
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MessageSujet: Re: On ne s'y fait jamais. [Libre]   Mar 8 Jan - 20:20

- Tu me donnes quel âge pour me vouvoyer ? Je ne dirais pas mon nom si ta réponse ne me convient pas !
- Eh bien...

Je le regardais de haut en bas avec une moue dubitative. Plus vieux que moi, certainement. Mais quand même jeune.. Hésitant, je penchais la tête sur le côté, observant son apparence du regard.

- Dans la vingtaine ? Vous savez, ce n'est que pure politesse .. Pour une fois que je le suis autant !

Croquant dans ma gaufre, savourant et essuyant le chocolat qui dégoulinait légèrement sur mon visage, j'observais le monde qui nous entourait. Levant légèrement les yeux, je vis cet homme qui regardais le monde avec un air mi-amusé mi-inquiet. C'est vrai que certains avaient une drôle de tête. Comme ce nain là.. Je le suivais des yeux puis tombait sur une sorte de géant poilu qui discutait avec un de ses congénères. Et là, c'est quoi.. On dirait un humain mais.. en différent. Pourquoi il est si pâle !? Et que sont ces dents.. Un peu effrayée, je dirigeais mes yeux dans une autre direction.

- Mh.. Merci.
- Pas de quoi ! Alors, parle-moi un peu de l'endroit dont tu viens : comment c'était ?

Je restais coite quelques instants. De là où je viens ? Euh.. C'était un bon endroit selon les points de vues. Enfin je pense.. Je réfléchissais à sa question et songeant à comment y répondre. Était-il vraiment intéressé par la vie d'une fille avec des oreilles de chats ? Après moult réflexion, je me contentais d'une réponse plutôt simple.

- C'était.. Grand, froid et humide. Et vous ?

Tournant les yeux vers l'homme poilu que j'avais vu un peu plus tôt et qui passait maintenant devant nous, je remarquais mon compagnon se crisper un peu. C'est sûr que ça n'était pas très rassurant. Et si on se faisait dévorer dans notre sommeil ? Mon dieu ..

- J'ai encore un peu de mal avec certaines espèces...!
- Je n'en ai pas vu beaucoup mais je dois vous avouer que j'ai un peu de mal moi aussi..

"Et surtout avec moi-même" songeais-je. Finissant ma gaufre, je me servais de l'excuse du papier à jeter pour m'éloigner un peu de l'homme poilu qui s'approchait de plus en plus. Même s'il n'en avait sans doute rien à faire de nous, il était tout de même un peu effrayant. Je revenais doucement vers le jeune homme, réussissant à me rappeler que les hommes poilus avec une tête telle que celle-là étaient des loups garous. Pas rassurant du tout même..! Ce fameux loup garou était désormais derrière nous, commandant je ne sais quoi au marchand. Sûrement une gaufre. M'approchant du jeune homme et mettant une main devant ma bouche, je lui chuchotais à l'oreille (ou du moins j'essayais, j'avais beau être grande il l'était encore plus que moi)

- He.. Je ne savais pas que les loups garous mangeaient des gaufres .. !

Amusée, je riais. Tiens, ça faisait longtemps que je n'avais pas ri.
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MessageSujet: Re: On ne s'y fait jamais. [Libre]   Lun 28 Jan - 19:15

- Dans la vingtaine ? Vous savez, ce n'est que pure politesse .. Pour une fois que je le suis autant !

Je la regardais d'abord avec un air faussement suspicieux, puis me mis à rire franchement. Elle était mignonne et un peu insolente finalement si on la mettait à l'aise. Elle croqua alors dans sa gaufre, visiblement pas dérangée par mes taquineries. Je soufflais alors dans l'air, regardant la buée s'envoler délicatement dans l'air glacé nous entourant pour disparaître en un clin d'oeil.

- Bon ça va, c'est une bonne réponse. J'ai vingt ans en effet, et j'espère que je ne fais pas beaucoup plus vieux ! Je m'appelle Vladilen, mais tu peux m'appeler Vlad'.

Finalement, je voulais en savoir plus sur elle. J'avais pensé de rien lui demander au sujet de son monde d'origine, mais ça m'intriguait. Je la trouvais gentille, agréable, et voulais apprendre à quoi ressemblait l'endroit d'où elle venait. C'était très perturbant que de se retrouver dans un endroit très différent de ce que nous connaissions. Il y avait ici des choses qui n'existaient pas dans mon ancien monde. Cependant, à force de réunir une si vaste panel d'univers, Crossway s'était développé en permettant à chacun de retrouver ce qu'il avait auparavant, ou tout du moins partiellement.

- C'était.. Grand, froid et humide. Et vous ?

Je la regardai un peu étonné puis pouffai dans mon écharpe. C'était une description plutôt inhabituelle. Je levai alors les yeux au ciel en balançant doucement mes pieds, signe de réflexion chez moi. A quoi ressemblait mon monde d'origine ? Je commençais presque à avoir oublié. Il y avait tant de choses qui avaient changé que je parvenais difficilement à dissocier l'ancien de l'actuel.

- C'était beaucoup plus grand aussi. Il faut dire qu'ici nous ne pouvons pas dépasser la forêt. C'était relativement chaud, et d'humidité tempérée je dirais ! Mais il n'y avait que des humains, pas d'autres races. Ca m'a fait bizarre en arrivant ici.

Je me crispais ensuite un peu à la vue du loup-garou qui approchait. J'avais de mauvais souvenirs avec eux en réalité. Quand on arrive ici, souvent les gens sont perdus et un peu violents. J'avais eu une altercation avec une de ces créatures, et les griffes, ça fait mal. Mais bon, celui-ci ne semblait en aucun cas hostile. Cependant je fis partager mes craintes à Yuë.

- Je n'en ai pas vu beaucoup mais je dois vous avouer que j'ai un peu de mal moi aussi..

Elle se leva alors pour aller jeter son papier de gaufre. Pff, traîtresse. Elle me laissait seul face à ma peur. Je mangeai le reste de ma gaufre en suivant son exemple, profitant malgré tout du goût délicieux de cette dernière. Elle revint finalement près de moi, me disant qu'il était un peu idiot d'avoir peur de cette bestiole poilue quand une petite fille aux aspects de chaton semblait plutôt sereine. Yuë s'approcha alors de mon oreille autant qu'elle le pouvait et me chuchota :

- He.. Je ne savais pas que les loups garous mangeaient des gaufres .. !

Elle pouffa de rire et je l'accompagnais. En effet c'était un peu saugrenu comme scène que de voir un loup effrayant commander une gaufre au chocolat. Il venait vraiment de perdre son aspect si tourmentant. Je devais ça a Yuë, jamais je n'aurais regardé ce loup-garou si elle n'avait pas attiré mon attention vers lui.

- Je découvre aussi, il va s'en mettre plein la fourrure ! Ca le rend moins effrayant d'un coup.

J'ébouriffais alors ses cheveux gentiment. Elle était petite et donnait l'envie de la protéger, c'était assez rare à vrai dire. D'ordinaire j'avais un peu perdu goût à l'accueil des nouveaux arrivants. Mais sa tignasse blonde et ses grands yeux bleus m'inspiraient la sympathie.

- Bon, et toi alors, quel âge as-tu ? je te donne 16 ans. Les gens ont tous des oreilles de chat chez toi ?
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MessageSujet: Re: On ne s'y fait jamais. [Libre]   Mar 12 Mar - 17:58

[HRP]Gomen, je ne suis pas venue pendant si longtemps T.T[/HRP]

Nous étions en train de rire gaiement à la vue du loup garou.

- Je découvre aussi, il va s'en mettre plein la fourrure ! Ca le rend moins effrayant d'un coup.

Il ébouriffa mes cheveux avec un sourire en coin. Enfin, c'est ce qu'il me semblait. Moi qui avait eu légèrement peur de ce monde au départ, finalement on pouvait y trouver des personnes sympathiques. Ce qui est plutôt pas mal pour un début !

- Bon, et toi alors, quel âge as-tu ? je te donne 16 ans. Les gens ont tous des oreilles de chat chez toi ?
- J'ai 18 ans .. ! Je parais si jeune que ça ? Eh bien euh concernant chez moi ... J'hésitais un peu, ne savant pas trop quoi répondre. JNon ! Il y avait des gens normaux, comme toi. J'étais normale aussi avant, je crois. Je dois avouer que mes souvenirs s'embrouillent un peu ..

Je lui proposais d'avancer doucement pour ne pas congeler sur place. « Ça serait dommage » me disais-je, toute seule. Je frottais mes mains frénétiquement pour les réchauffer, quand mes oreilles furent attirées par un bruit. Je n'eut pas le temps de me rendre compte ce qu'il se passait, une petite fille m'était rentrée dedans. Enfin je crois, vu la longueur des cheveux qui venaient de frôler mon visage, lequel était sur le point de s'écraser à terre.

- Aïe .. Je vous informe que malgré la couche de neige, le sol est toujours aussi dur ..

Je me relevais péniblement, m'aidant en me tenant à la manche de Vladilen, réalisant au passage qu'il avait un prénom peu commun et plutôt marrant. Je voulu demander à la jeune fille qui m'était tombée dessus si elle allait bien, mais elle avait déjà disparu. Je haussais des épaules, marmonnant quelque chose à propos de la politesse..

- Au fait, j'aime bien votre prénom ! Me rappelant que je venais de m'agripper à sa manche grossièrement pour la deuxième fois de la journée, je penchais légèrement la tête et me donnait des petites tapes sur le front. Désoléééée ...
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On ne s'y fait jamais. [Libre]

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